Zico : le « Pelé blanc », génie de Flamengo et de 1982
Zico, le « Pelé blanc » : Flamengo, la Seleção de 1982 sans titre, l'Udinese puis le Japon. Portrait d'un génie qui n'a jamais gagné le Mondial.
L'équipe Drip Seleção · · 8 min de lecture
Zico est peut-être le plus grand joueur brésilien à n'avoir jamais gagné la Coupe du monde. Meneur de jeu de Flamengo, chef d'orchestre de la Seleção de 1982, pionnier du football professionnel au Japon : sa carrière ressemble à une suite de chefs-d'œuvre, avec un grand vide au milieu, celui du titre mondial.
On l'a surnommé le « Pelé blanc », un raccourci qui en dit long sur l'estime qu'on lui portait, mais qui ne rend pas justice à son style propre. Voici qui était Zico, ce qu'il a gagné, ce qu'il a manqué, et pourquoi son nom revient chaque fois qu'on parle du plus beau football brésilien.
Arthur Antunes Coimbra, le gamin de Quintino
Zico s'appelle en réalité Arthur Antunes Coimbra. Il naît en 1953 à Rio de Janeiro, dans le quartier de Quintino, au nord de la ville. D'où l'un de ses surnoms au Brésil : le « Galinho de Quintino », le petit coq de Quintino. Zico, lui, est un diminutif familial qui a fini par effacer tout le reste.
Il arrive jeune à Flamengo, le club le plus populaire du Brésil. Son problème, à l'époque, est physique : il est frêle, et les formateurs doutent qu'il puisse tenir face aux défenseurs adultes. Le club lui fait suivre un programme de renforcement musculaire et d'alimentation, une démarche assez inhabituelle pour l'époque. Le résultat est connu : Zico garde sa finesse technique mais gagne la solidité qui lui manquait.
Son jeu repose sur trois qualités. La vision d'abord, cette capacité à voir la passe avant tout le monde. La frappe ensuite, en particulier sur coup franc, où il est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire. Et enfin le sens du but, rare pour un meneur : Zico n'organise pas seulement le jeu, il le conclut très souvent.
Flamengo : le sommet de 1981
Si Zico a un club, c'est Flamengo. Il y passe l'essentiel de sa carrière et y construit l'une des plus grandes équipes de l'histoire du football sud-américain. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, Flamengo enchaîne les titres au Brésil.
L'année 1981 est le sommet. Flamengo remporte la Copa Libertadores, la plus prestigieuse compétition de clubs d'Amérique du Sud. Quelques semaines plus tard, à Tokyo, le club affronte Liverpool, champion d'Europe, pour la Coupe intercontinentale. Flamengo gagne 3-0 et Zico est le grand homme du match. Pour les supporters du club, ce doublé reste la référence absolue.
Ce Flamengo-là a marqué une génération par sa manière de jouer : beaucoup de mouvement, des passes courtes, une technique collective. C'est un football que l'on rattache volontiers à l'idée de jogo bonito, même si l'expression est devenue un peu fourre-tout. Zico en était le cerveau, et le Maracanã son jardin.
1982 : la plus belle équipe à ne rien gagner
En sélection, Zico participe à trois Coupes du monde : 1978 en Argentine, 1982 en Espagne et 1986 au Mexique. C'est la deuxième qui reste dans toutes les mémoires.
La Seleção de 1982, entraînée par Telê Santana, aligne un milieu de terrain exceptionnel : Zico, Sócrates, Falcão, Toninho Cerezo, avec Éder sur le côté. L'équipe joue un football offensif, inventif, joyeux. Elle traverse le premier tour en régalant le public, et beaucoup la voient déjà championne.
Puis vient le match contre l'Italie, au stade de Sarrià, à Barcelone. Le Brésil n'a besoin que d'un nul pour poursuivre sa route. Paolo Rossi marque trois fois, l'Italie gagne 3-2 et le Brésil est éliminé. L'Italie ira au bout et remportera le titre. Pour les Brésiliens, ce match est resté comme une sorte de deuil : on l'appelle parfois la « tragédie du Sarrià ».
Ce qui rend 1982 si particulier, c'est que la défaite n'a pas effacé l'équipe. Au contraire. Elle est souvent citée comme l'une des plus belles de l'histoire de la Coupe du monde, alors qu'elle n'a pas atteint la finale. C'est un cas presque unique : une équipe éliminée qui a gagné le cœur des amateurs de football pour des décennies. Zico en est le visage, avec ce paradoxe cruel d'un génie que le palmarès oublie.
En 1986, au Mexique, Zico revient diminué par une blessure au genou. En quart de finale contre la France, il entre en jeu et manque un penalty pendant le match. Le Brésil est éliminé aux tirs au but. Ce sera sa dernière Coupe du monde.
L'Udinese, puis le Japon : un pionnier
Entre ces deux Mondiaux, Zico tente l'aventure européenne. Il rejoint l'Udinese, en Italie, au milieu des années 1980. Le club n'a rien d'un géant, mais l'arrivée de Zico fait l'effet d'un événement. Il y laisse le souvenir de coups francs spectaculaires et d'un talent bien supérieur à celui de l'équipe qui l'entoure. Il revient ensuite à Flamengo.
La partie la plus originale de sa carrière commence au début des années 1990. Alors que beaucoup de joueurs de son âge prennent leur retraite, Zico part au Japon, chez Sumitomo Metals, un club d'entreprise qui deviendra les Kashima Antlers. Le football japonais se prépare alors à lancer sa ligue professionnelle, la J.League, et Zico joue un rôle majeur dans la professionnalisation du club : exigence, méthodes de travail, culture de la victoire.
Au Japon, Zico est devenu bien plus qu'un ancien joueur étranger. Il est une figure respectée, associée à la naissance du football professionnel moderne dans le pays. Il deviendra plus tard sélectionneur de l'équipe nationale du Japon et la mènera à la Coupe du monde 2006. Peu de joueurs brésiliens ont laissé une empreinte aussi profonde dans un pays aussi éloigné du leur.
Pourquoi Zico compte encore aujourd'hui
Si vous n'avez jamais vu Zico jouer, commencez par ses coups francs. Les compilations sont faciles à trouver et vous comprendrez en quelques minutes pourquoi on parle de lui comme d'un artiste : courbe, précision, régularité. Regardez ensuite des extraits du Brésil de 1982, et vous verrez un joueur qui touche peu le ballon mais qui, à chaque fois, fait avancer l'action. C'est là que se trouve sa vraie signature.
Vous remarquerez aussi qu'il ne force presque jamais. Zico joue en un ou deux contacts, lève la tête avant de recevoir, et choisit souvent la solution la plus simple au moment où personne ne l'attend. C'est ce mélange de simplicité et d'audace qui le distingue des dribbleurs plus spectaculaires de son époque.
Le surnom de « Pelé blanc » a toujours eu quelque chose de réducteur. Zico n'était pas une copie de Pelé : il était moins athlétique, plus cérébral, et il n'a jamais eu la chance de jouer dans une équipe championne du monde. Si vous voulez comparer les deux carrières, notre portrait de Pelé donne l'autre versant de l'histoire.
Ce qui reste de Zico, c'est une idée du football. Celle d'un numéro 10 qui organise, qui frappe, qui marque, et qui fait jouer les autres. Celle aussi d'une équipe, celle de 1982, qui a prouvé qu'on peut entrer dans l'histoire sans trophée. Les maillots portés par la Seleção de ces années-là font d'ailleurs partie des plus recherchés par les collectionneurs, comme on le raconte dans notre article sur le maillot vintage du Brésil.
Pour celles et ceux qui aiment cette époque sans vouloir porter une réplique, il existe d'autres façons de rendre hommage au Brésil des grandes années. Nos maillots édition concept jouent avec les couleurs et les symboles brésiliens. Le maillot Seleção Édition Bleu Royal, avec ses finitions jaunes au col et aux manches, rappelle les tenues bleues que le Brésil a souvent portées à l'extérieur. Précision importante : ce sont des créations Drip Seleção, pas des maillots officiels ni des répliques d'époque.
Conclusion
Zico est l'un des plus grands meneurs de jeu de l'histoire. Avec Flamengo, il a remporté les plus grands titres d'Amérique du Sud, jusqu'à la Coupe intercontinentale de 1981 face à Liverpool. Avec la Seleção, il a incarné l'équipe de 1982, peut-être la plus admirée de toutes celles qui n'ont pas été championnes du monde.
Son passage à l'Udinese, puis son rôle de pionnier au Japon, montrent un joueur curieux, exigeant, qui a su transmettre autant qu'il a brillé. Zico n'a pas la cinquième étoile sur son palmarès personnel, mais il a quelque chose que peu de champions possèdent : l'affection durable de tous ceux qui l'ont vu jouer. Pour situer sa place dans la longue lignée des stars brésiliennes, notre page sur l'équipe du Brésil de football donne une bonne vue d'ensemble.
FAQ
Quel est le vrai nom de Zico ?
Zico s'appelle Arthur Antunes Coimbra. Il est né en 1953 à Rio de Janeiro, dans le quartier de Quintino, d'où son surnom de « Galinho de Quintino ».
Pourquoi appelle-t-on Zico le « Pelé blanc » ?
Le surnom vient de son statut de grand numéro 10 brésilien et de sa capacité à marquer autant qu'à faire jouer. C'est une façon de le placer au niveau de Pelé, même si leurs styles étaient assez différents.
Zico a-t-il gagné la Coupe du monde ?
Non. Il a disputé les Mondiaux 1978, 1982 et 1986 sans les remporter. En 1982, le Brésil est éliminé par l'Italie (3-2), et en 1986 par la France aux tirs au but.
Quel est le plus grand titre de Zico en club ?
Avec Flamengo, Zico a remporté la Copa Libertadores 1981, puis la Coupe intercontinentale la même année en battant Liverpool 3-0 à Tokyo. C'est le sommet de sa carrière en club.
Pourquoi Zico est-il si célèbre au Japon ?
Parce qu'il a rejoint au début des années 1990 le club qui allait devenir les Kashima Antlers, au moment où le Japon lançait sa ligue professionnelle. Il a contribué à professionnaliser le club, puis il est devenu sélectionneur du Japon et l'a dirigé à la Coupe du monde 2006.
Les maillots Drip Seleção sont-ils des répliques de l'époque de Zico ?
Non. Ce sont des créations originales de la marque Drip Seleção, inspirées des couleurs du Brésil. Ce ne sont ni des répliques d'époque ni des produits officiels Nike ou de la fédération brésilienne.
