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Légendes

Romário : le Baixinho, héros du Brésil de 1994

Romário, le « Baixinho » : de Vasco au PSV, de Barcelone au titre mondial de 1994, puis la politique. Portrait d'un buteur hors norme.

L'équipe Drip Seleção · · 9 min de lecture

Romário n'était ni le plus grand, ni le plus rapide sur cent mètres, ni le plus discipliné. Il était, simplement, l'un des finisseurs les plus redoutables que le football ait connus. Dans la surface, il lui fallait un demi-mètre et une fraction de seconde. Le reste, il le faisait seul. Son surnom, « Baixinho », le petit, dit tout de son physique et rien de son influence.

Pour le Brésil, son nom reste attaché à 1994, au quatrième titre mondial, celui qui a mis fin à une longue attente. Mais réduire Romário à un été américain serait passer à côté d'une carrière riche, d'un caractère volcanique et d'une seconde vie publique qu'on n'attendait pas forcément de lui. Si vous avez découvert le football après les années 2000, vous connaissez sans doute mieux Ronaldo, Ronaldinho ou Neymar. Pourtant, demandez à un supporter brésilien qui a porté le pays en 1994 : la réponse vient presque toujours avant même la fin de votre question. Voici le portrait d'un joueur à part.

Un buteur né à Rio

Romário de Souza Faria naît en 1966 à Rio de Janeiro et grandit dans les quartiers populaires de la ville. Il se révèle à Vasco da Gama, l'un des grands clubs cariocas, où son sens du but saute aux yeux très tôt. Il n'a pas le gabarit d'un avant-centre classique, mais il possède ce que les entraîneurs appellent l'instinct : il sait où le ballon va tomber avant tout le monde.

Son style est d'une économie rare. Peu de dribbles inutiles, peu de courses pour rien. Romário se tient souvent immobile, presque nonchalant, puis accélère sur deux appuis au moment exact où le défenseur relâche son attention. Il frappe du bout du pied, pique le ballon au-dessus du gardien, le pousse au ras du poteau. Ses buts paraissent faciles. Ils ne le sont pas. Si vous revoyez ses images, observez moins le ballon que ses appuis : tout se joue dans le pas qui précède le contrôle.

Avec la sélection olympique, il participe aux Jeux de Séoul en 1988, où le Brésil remporte la médaille d'argent. C'est sa première vitrine internationale, et elle ouvre la voie à l'Europe.

Pour comprendre d'où vient ce style, il faut le replacer dans une tradition brésilienne de l'attaquant malin, technique, qui préfère l'intelligence à la force. Notre article sur l'équipe du Brésil de football revient sur les grandes générations qui ont façonné cette identité.

Le PSV, puis le Barça de Cruyff

En 1988, Romário rejoint le PSV Eindhoven, aux Pays-Bas. Le choix peut surprendre, mais le club néerlandais sort alors d'une période faste et cherche un buteur. Il en trouve un. Pendant cinq saisons, Romário enchaîne les buts et les titres nationaux, tout en entretenant une relation parfois tendue avec ses entraîneurs, qui apprécient moyennement son rapport très personnel à l'entraînement et à la vie nocturne.

En 1993, il signe au FC Barcelone, alors entraîné par Johan Cruyff. C'est l'époque de la « Dream Team », une équipe qui pratique un football offensif et joueur. Romário y trouve un terrain idéal. Sa saison 1993-1994 est restée dans les mémoires : le Barça remporte le championnat d'Espagne, et le Brésilien marque un triplé lors d'une large victoire contre le Real Madrid, avec un geste devenu célèbre où il élimine son défenseur d'une feinte en pivot avant de conclure.

La saison se termine pourtant par une désillusion : Barcelone perd lourdement la finale de la Ligue des champions 1994 contre l'AC Milan. Quelques semaines plus tard, Romário part aux États-Unis avec la Seleção. Personne ne sait encore que l'été qui s'annonce sera le plus beau de sa carrière.

1994 : l'été du Baixinho

L'histoire du Mondial 1994 commence, pour Romário, quelques mois avant. Le Brésil est en difficulté dans les qualifications, et l'attaquant, en froid avec le sélectionneur, n'est pas appelé pendant une longue période. Il revient pour le dernier match, contre l'Uruguay au Maracanã, en 1993. Il marque les deux buts de la victoire. Le Brésil est qualifié. Le message est passé.

Aux États-Unis, il forme avec Bebeto un duo d'attaque devenu légendaire. Les deux hommes se complètent : Bebeto décroche, combine, sert ; Romário finit. Le célèbre geste du bercement, après un but de Bebeto contre les Pays-Bas en quart de finale, les réunit tous les deux avec Mazinho, dans une image qui a fait le tour du monde.

En demi-finale contre la Suède, c'est Romário, l'un des plus petits joueurs sur le terrain, qui marque de la tête le seul but du match. La finale, contre l'Italie à Pasadena, se termine sur un 0-0 après prolongation. Le Brésil s'impose aux tirs au but, et Romário transforme le sien. Quatrième étoile pour la Seleção, la première depuis 1970.

Il termine le tournoi avec cinq buts et reçoit le Ballon d'or de la compétition, qui récompense le meilleur joueur du Mondial. La même année, il est désigné meilleur joueur du monde par la FIFA. Si vous voulez revoir l'ensemble des titres mondiaux brésiliens, le Brésil en compte cinq : 1958, 1962, 1970, 1994 et 2002.

Le génie et ses excès

Après 1994, la carrière de Romário prend une forme plus irrégulière. Il rentre au Brésil, à Flamengo, fait un passage à Valence, revient, repart. Il joue pour plusieurs grands clubs cariocas, dont Vasco, Flamengo et Fluminense, et continue de marquer avec une constance étonnante, même passé la trentaine.

Mais sa relation avec la Seleção reste compliquée. En 1998, une blessure musculaire le prive de la Coupe du monde en France, alors qu'il devait faire partie du groupe. En 2002, le sélectionneur Luiz Felipe Scolari ne le retient pas, malgré une forte pression populaire au Brésil. Le pays gagne sans lui, avec Ronaldo en vedette. Sur cette épopée, notre article sur le maillot du Brésil de Ronaldo raconte l'autre grande histoire d'attaquant de cette période.

Romário a toujours entretenu une image de franc-tireur. Il dit ce qu'il pense, souvent sans filtre, et ne cache pas qu'il préférait le match à l'entraînement. Cette liberté a nourri sa légende autant qu'elle lui a coûté des sélections.

En 2007, sous le maillot de Vasco, il célèbre ce qu'il présente comme son millième but. Le chiffre est discuté, car le décompte inclut des matchs de jeunes et des rencontres non officielles. Il reste le symbole d'une carrière entièrement consacrée à une seule chose : marquer.

Après le football, la politique

On aurait pu imaginer Romário consultant télé ou entraîneur. Il a choisi la politique. En 2010, il est élu député fédéral pour l'État de Rio de Janeiro. En 2014, il devient sénateur. Ce virage a surpris beaucoup de monde, mais il s'inscrit dans une forme de continuité : celle d'un homme qui n'a jamais hésité à prendre la parole.

Il s'est notamment fait connaître pour ses prises de position critiques envers certaines instances du football brésilien et pour son engagement en faveur des personnes en situation de handicap, une cause qui le touche personnellement. On peut partager ou non ses idées, mais son parcours montre qu'un joueur longtemps présenté comme ingérable a su construire une seconde carrière durable.

Pour les fans, Romário reste avant tout une silhouette : petite, trapue, immobile au point de penalty, puis soudain partie. Ceux qui veulent porter cette époque peuvent se tourner vers le vintage : notre article sur le maillot du Brésil vintage explique comment s'y retrouver. Précisons que Drip Seleção ne vend pas de maillot rétro de 1994 ni de maillot floqué Romário. La boutique propose des créations inspirées du Brésil, comme les maillots éditions concept 2026, qui ne sont pas des produits officiels Nike ou CBF. Si vous préférez une tenue plus proche de l'esprit vestiaire, les maillots training édition Seleção se portent seuls, au quotidien comme pour un five entre amis. Vous y trouverez du bleu et du vert, en coupe droite, du S au XL.

Conclusion

Romário fait partie de ces joueurs qu'on ne peut pas résumer par des statistiques. Il y a les titres, bien sûr : le championnat d'Espagne avec Barcelone, la Coupe du monde 1994, le Ballon d'or du tournoi, la distinction de meilleur joueur du monde. Mais il y a surtout une manière de jouer, faite d'économie, de timing et d'insolence, qui a inspiré des générations d'attaquants.

Son histoire est aussi celle d'un caractère. Le Baixinho a manqué deux Coupes du monde, s'est fâché avec des entraîneurs, a revendiqué un millième but discuté. Puis il a fait de sa voix une carrière politique. Pour le Brésil, il reste le joueur qui a ramené une étoile après vingt-quatre ans d'attente. Si vous voulez découvrir les autres grandes figures de la Seleção, notre portrait de Zico raconte celle d'un génie qui, lui, n'a jamais soulevé le trophée.

FAQ

Pourquoi Romário est-il surnommé « Baixinho » ?

« Baixinho » signifie « le petit » en portugais. Le surnom renvoie à sa taille, modeste pour un attaquant, qui ne l'a jamais empêché d'être l'un des meilleurs finisseurs de son époque.

Combien de buts Romário a-t-il marqués au Mondial 1994 ?

Il a marqué cinq buts lors de la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, dont celui de la victoire en demi-finale contre la Suède. Il a reçu le Ballon d'or du tournoi.

Dans quels clubs européens a-t-il joué ?

Romário a joué au PSV Eindhoven, aux Pays-Bas, puis au FC Barcelone, avec qui il a remporté le championnat d'Espagne 1993-1994. Il a aussi fait un passage à Valence.

Pourquoi n'a-t-il pas joué la Coupe du monde 1998 ?

Une blessure musculaire l'a contraint à renoncer au tournoi organisé en France. En 2002, il n'a pas été retenu par le sélectionneur Luiz Felipe Scolari.

Romário a-t-il vraiment marqué 1 000 buts ?

Il a célébré son millième but en 2007 avec Vasco da Gama, mais ce total est contesté car il inclut des matchs de jeunes et des rencontres non officielles.

Drip Seleção vend-il un maillot Romário ?

Non. La boutique ne vend ni maillot rétro de 1994 ni maillot floqué au nom de joueurs. Elle propose des créations inspirées du Brésil, qui ne sont pas des produits officiels Nike ou CBF. Si vous préférez une tenue plus proche de l'esprit vestiaire, les maillots training édition Seleção se portent seuls, au quotidien comme pour un five entre amis. Vous y trouverez du bleu et du vert, en coupe droite, du S au XL.

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